Un titre à la hauteur de la déception. Tout avait si bien commencé…

Place achetée six mois à l’avance aux premières minutes de l’ouverture des serveurs à cause du rush, un groupe attendu depuis si longtemps, des albums superbes.

Un mauvais pressentiment me saisit au début du concert : l’album In rainbows est un peu plat comparé aux précédents mais avec de bonnes réorchestrations, il a du potentiel. J’attends donc de juger sur scène.

Il a fallu attendre une heure l’installation de la scène après la première partie (Bat for Lashes, merci Björk pour l’inspiration !). Radiohead monte sur scène et comment dire ? Il ne passe rien. Tout simplement rien. La première chanson est d’une platitude à mourir d’ennui.

Tout le concert est dans la même ambiance. J’ai essayé de trouver quelques explications :
– AUCUNE chanson n’a été réarrangée, réorchestrée. Radiohead n’a pas daigné faire le cadeau de la moindre intro, outro, impro ou du moindre riff de guitare supplémentaire à ses fans. Toutes les chansons ont été jouées en version album respectant scrupuleusement le timing.
– Une setlist bizarrement organisée : tout l’album In Rainbows y est passé, peu de classiques. Le tout joué dans un ordre aléatoire alternant chansons pêchues et chansons molles sans logique. Rien de tel pour tuer l’ambiance.
– Pas de jeu de scène. De belles lumières certes mais absolument pas intégrées à la musique. Il n’y avait aucun lien entre les deux.
– Entre chaque chanson, le groupe faisait une pause de 30 secondes, le temps de changer les instruments sauf une fois sur tout le concert. Après une heure de préparation de scène, mention « peut mieux faire ».
– Radiohead n’a échangé à aucun moment avec le public. Thom Yorkes s’est contenté du strict minimum : un « bonsoir », des « merci » et c’est tout. Il n’a même pas présenté son groupe. L’échange émotionnel et musical n’a pas été meilleur. D’ailleurs, la mayonnaise n’a pas pris. Je n’ai jamais vu un Bercy aussi mou (gradins comme fosse) pour un concert de rock alors que la salle était pleine à craquer.
– et je passe sur le son mal réglé, les larsens, la non-présence scénique des 5 membres du groupe…

Finalement, je suis contente qu’ils n’aient pas joué leurs classiques comme Karma Police, Creep, High and dry pour éviter le massacre. J’ai réussi à m’ennuyer sur My Iron Lung pourtant un de mes morceaux préférés.

Je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi je suis restée assise pendant tout le concert. J’ai failli partir avant la fin comme pour les mauvais films au cinéma.

Je comprends d’autant moins que je suis bon public. Mais là… Comment un artiste peut-il reproduire aussi machinalement des versions albums ? Je ne pensais pas que c’était humainement possible. De tous les concerts que j’ai fait (les pros comme les amateurs), c’est de loin le plus mauvais.

Bref, je vous le dis, n’allez pas voir Radiohead en concert. Gardez votre argent et votre temps pour faire autre chose. De toute façon ça sera mieux.

ps : pour me remettre de mes émotions, c’est décidé, je retourne à U2 !