C’est l’été, il fait beau et chaud. C’est l’époque des salades composées. Et un des ingrédients de ces salades est la feta. Seulement attention, il y a toute une histoire qui cache derrière la feta.

La feta est un fromage caillé en saumure fabriqué à base de lait de brebis ou d’un mélange lait de brebis et de lait de chèvre. Il est traditionnellement fabriqué en Grèce, depuis l’Antiquité certainement même si son existence n’est clairement établie qu’au XVème siècle avec l’empire byzantin.

Dans les années 30, la production de feta s’exporte au Danemark, en France et en Allemagne. Une bonne partie de cette production étrangère se fait à partir de lait de vache, une matière première plus facile à trouver et moins onéreuse. Peu à peu, le mot « feta » devient synonyme de « fromage blanc en saumure ».

En 1981, la Grèce entre dans la Communauté Économique Européenne. Quelques années plus tard, une loi nationale est votée pour protéger et réguler la production de feta : celle-ci doit être produite sans lait de vache dans des zones géographiques déterminées en Grèce. L’étape suivante est de faire appliquer cette loi à l’échelle européenne. Une saga en 4 actes va alors s’en suivre.

Acte I : En 1996, la « feta » devient une Appellation d’Origine Protégée. Elle est donc réservée à quelques fromages grecs.
Acte II : Les autres pays producteurs rivaux (France, Allemagne, Danemark) déposent un recours et obtiennent gain de cause en 1999 au motif d’une erreur de procédure. Le terme « feta » redevient donc libre en Europe… sauf en Autriche qui avait signé en 1972 un accord bilatéral avec la Grèce sur la protection du mot.
Acte III : En 2002, après une nouvelle enquête à l’échelle européenne, l’Appellation d’Origine Protégée est de nouveau accordée aux fromages grecs.
Acte IV : Nouvelle réplique de l’Allemagne et du Danemark en 2005 mais cette fois en vain.

Le résultat de cette véritable guerre juridique est visible dans tous les rayons des supers et hypermarchés. En effet, depuis le mois d’octobre 2007, le terme « feta » a disparu des étiquetages des producteurs européens.

Oui mais
>> les supermarchés en ligne continuent de libeller ces fromages « feta… »
>> est-ce que tous les restaurateurs respectent bien cette précision en élaborant leurs cartes ?

Finalement, le consommateur français est maintenu plus ou moins volontairement dans le flou. Rappelez-vous la publicité de Salakis. Vous vous souvenez du slogan ? « Feta Salakissss, au bon lait de brebisssss ».

Maintenant regardez cet emballage.

Vous avez pensé « feta » ? Et pourtant… pourtant ce n’est écrit nulle part sur l’emballage… Bon cela reste du fromage de brebis mais ce n’est pas de la « feta ».

Source

ps : Et cette protection n’est pas (encore) reconnue par l’OMC (donc pas aux Etats-Unis, ni en Australie…).