Mardi dernier, Les Echos ont révélé le contenu du rapport remis par l’IGAS (Inspection Générales des Affaires Sociales) et l’IGF (Inspection Générale des Finances) aux Ministères des Finances et de la Santé.
Le rapport prône une hausse de la fiscalité pour faire face à ce problème de santé publique.

Pour résumer, les trois mesures proposées :
1/ Hausse des droits d’accises sur les boissons alcoolisées et boissons sucrées.
2/ Hausse de la TVA à 19,6% vs 5,5% sur les produits « trop gras, trop salés, trop sucrés »
3/ Hausse de TVA sur les produits de « snacking » (sandwichs, pizzas, hamburgers…)

Là où les choses se compliquent, c’est dans la définition des produits incriminés. Ainsi, les boissons sucrées intègrent les sodas comme les jus de fruits (plus ou moins naturels), les boissons allégées, les eaux aromatisées… Idem dans l’alimentation où le rapport met au même niveau des matières premières (beurre, les fruits à coques, saumon…), des confiseries (chocolat, chips, pop corn…) et des produits plus élaborés (quiches, pizzas, pâtisseries…). C’est tellement compliqué d’ailleurs que le rapport laisse au gouvernement le soin de décider ! (peur de se mouiller ?)

Je m’interroge sur le but réel de ces mesures.

Car au final, qui va régler ces hausses de taxes ? Le consommateur et pas les fabricants. Ils ne ne sont donc pas incités à changer leurs produits ni à en augmenter la qualité (le rapport estime qu’ils se sont déjà beaucoup investis sur le sujet. Ah bon ?). Pour ne pas susciter un tollé, le gouvernement préfère attendre la baisse de l’inflation pour mettre en place la mesure.

Si le gouvernement veut défendre la sécurité alimentaire, je pense qu’il y a d’autres moyens comme :
Surveiller la composition des produits. Ce n’est un secret pour personne, les produits industriels sont remplis d’eau, de sel, de sucre, de matières grasses et souvent de mauvaise qualité, réduction des coûts oblige.
Encadrer les discours publicitaires mensongers. Si, il faut le dire ! J’ai déjà évoqué le sujet notamment sur les soupes à 0%.
Éduquer les personnes. Au risque de paraître rétrograde, rien ne vaut de la cuisine maison. C’est sain et moins cher. Ça prend du temps ? Il a des choses faciles et rapides à faire même quand on travaille. L’éducation alimentaire est également nécessaire pour s’y retrouver dans l’offre gigantesque de nourriture industrielle. Tout ne se vaut pas. Aujourd’hui, Weight Watchers & co, les diététiciens et nutritionnistes ont le monopole de l’éducation alimentaire et c’est un marché plutôt juteux !

ps : Le rapport a été remis à Roselyne Bachelot, Minsitre de la Santé et aussi à Éric Woerth, Ministre du Budget. Question bonus : depuis quand la sécurité alimentaire concerne Bercy ???

Pour lire le rapport complet, c’est ici.