C’est la Une des journaux depuis ce week-end. L’Angleterre a vu la naissance du premier bébé génétiquement immunisé contre le cancer du sein. Lors de la fécondation in vitro, un Diagnostic Pré-Implantatoire a permis de sélectionner cet embryon parce qu’il ne comportait pas le gène prédisposant au cancer du sein, contrairement à d’autres embryons.

Si je comprends tout à fait le désir des parents de protéger leur enfant, cette info me laisse perplexe tant du point de vue scientifique qu’éthique.

Tout d’abord, le terme « immuniser » est inexact. L’enfant ne porte pas le gène prédisposant. Pour elle, les risques de développer un cancer du sein sont donc diminués mais pas totalement éradiqués. Et, sans lui souhaiter le pire, quid des autres cancers et maladies ?

A l’inverse, quand on porte un gène prédisposant, l’apparition du cancer ou de la maladie n’est pas automatique. Les gènes ne font pas tout : les conditions de vie, notamment, peuvent influer positivement ou négativement. C’est le miracle de la nature !

Enfin, le cancer du sein n’est ni une tare ni une maladie incurable. Je connais personnellement des femmes qui en ont guéri et qui aujourd’hui se portent merveilleusement bien.

Alors pour quelle raison sélectionnerait-on nos enfants sur ce critère ?

Pour faire faire des économies à la Sécurité Sociale ? C’est affreux mais je suis sûre que certains y pensent…

Pour empêcher les souffrances ? Je comprends. L’homme cherche à réduire ses souffrances (physiques et morales) depuis la nuit des temps. Cependant, l’argument me parait insuffisant au regard des dérives possibles. Basculer du bien vers le mal tient parfois à un fil : souvenons-nous de toutes les abominations causées par la quête de l’humain « idéal »…