À l’occasion du défi No Plastic in my sea, en me rendant sur différents forums, j’ai réalisé à quel point la désinformation circulait et combien la pression marketing permettait aux mauvaises / fausses informations de s’installer dans les esprits.

Dans cet article, je vous propose donc de revenir sur les idées que j’ai le plus observé ou qui m’ont le plus marqué.  L’occasion de prendre un peu plus conscience des impacts globaux de notre mode de conssommation et des effets de chaîne.

1/ En quoi mes plastiques vont dans les océans si je les jette à la poubelle ?

Une question bien légitime pour toutes celles et tous ceux qui ont le bon réflexe : jeter à la poubelle et trier. Malheureusement ce geste n’est pas suffisant pour empêcher les plastiques de partir à la mer.

Reprenons le circuit des déchets : jetés à la maison dans une poubelle, puis cette poubelle est versée dans un grand bac, ce grand bac est versé dans un camion… le contenu du camion est versé… dans un centre de tri, un incinérateur, en décharge. Et pour les déchets triés, il y a ensuite le transport jusqu’au centre de recyclage.

À chaque étape, il y a un risque que le déchet tombe par terre puis dans l’égout ou s’envole dans la rivière… et finisse dans l’océan !

Avez-vous d’ailleurs remarqué le nombre de déchets qui jonchent les trottoirs et les routes lors du passage des camions poubelles ?

Autre exemple : lors du ramassage collectif des déchets, j’ai vu passé une énorme péniche remplie de papiers compressés. Certainement du papier issu de tri et partant au recyclage. Sauf que tout était à ciel ouvert donc sur le trajet, il y a forcément eu des papiers tombés dans la rivière.

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2/ Les plastiques qui finissent dans les océans sont principalement dus aux pays en développements ou pauvres qui n’ont pas un système de traitement des déchets comme chez nous.

La majorité des plastiques dans l’océan proviennent :

⁃ de l’activité touristique sur les littoraux (plages, restaurants, bateaux, croisières…) : et oui, c’est aussi le touriste « riche » qui pollue les pays en voie de développement

⁃ du trafic de super-containers liés à la globalisation de l’économie : la majorité de nos biens de consommation (y compris les sacs plastiques, les pailles, les couverts jetables) proviennent d’Asie

⁃ de la réplique du système occidental : forcer les populations des pays en voie de développement à passer au tout jetable (rappelez-vous les campagnes contre les mouchoirs en tissu…) sans mettre en place au préalable le système de collecte et de valorisation ainsi que les actions de pédagogie.

 

3/ Certains de nos déchets seraient-ils envoyés dans ces pays pour être trié ? Enfouis? Brulés ? Jetés dans les océans ?

Il y a une grande opacité/méconnaissance sur la vie de nos déchets.

Et oui, beaucoup de nos déchets repartent par bateau vers l’Asie… L’Union européenne exporte la moitié de ses plastiques collectés et triés, dont 85 % vers la Chine !

D’ailleurs l’Europe tremble maintenant que la Chine est plus restrictive sur les déchets envoyés. (plus de détails dans cet article très complet de Courrier International sur cette filière internationale)

Les déchets qui restent en France, la majorité sont enfouis, parfois incinérés. La part du tri et du recyclage est limitée. En France, seulement 22% des plastiques recyclables le sont. Nous sommes en retard : c’est en moyenne 30% dans l’Union Européenne, 43% en Norvège. En dehors des bouteilles et flacons, moins de 3 % des emballages en plastique faisant l’objet d’un tri ont été au final recyclés en 2016 ! ».  Le reste finit incinéré (39 %) ou en décharge (31 %).

Il y a donc urgence à inciter à :

  • réduire les déchets
  • mieux trier (pédagogie, simplification)
  • à développer les entreprise de tri et de valorisation.

 

4/ On peut se passer du plastique, mais pas de tous les plastiques. Des solutions existent non? Les bio-plastiques, biodegradables?

La solution du bio-dégradable est surtout un argument marketing pour les entreprises ne changent pas de modèle en profondeur tout en jouant sur l’effet déculpabilisant pour les consommateurs.

En effet, le temps de dégradation réel ne permet pas une dégradation complète. L’effet est plutôt inverse : démultiplication dès micro déchets qui sont un véritable casse tête à ramasser ! Ou encore les lingettes dites Bio dégradables qui terminent dans les égouts et obstruent les centrales d’épuration.

De plus, il existe des catégories très différentes dans les plastiques dits bio-dégradables dont certains contiennent des substances vraiment toxiques : des métaux lourds, des dérives de pétrole. À ce jour, aucun plastique dit biodégradable ne peut être utilisé en composteur par exemple.

5/ Un enfant ne se coupe pas en marchant sur une bouteille ou un gobelet en plastique et c’est facile à ramasser. Un contenant en verre qui s’est cassé en tombant, ….

C’est exactement ces arguments installés par le marketing et profondément ancrés dans les esprits qu’il faut changer.

L’alternative au plastique n’est pas systématiquement le verre. Il existe d’autres solutions solides incassables comme par exemple l’inox : les timbales, les gourdes, les pailles etc., le bois, l’osier..

Les enfants apprennent très vite à utiliser du verre sans pour autant se blesser systématiquement. Par exemple, nous avons utilisé des biberons en verre pour ma fille à partir de ses 18 mois, sans jamais connaître aucun accident. À la maison, nous avons opté pour de la vaisselle en verre décorée, idem aucun accident. Il suffit d’être plus vigilant.

 

Comme j’en discutait récemment, avec un investisseur dans l’environnement, la cause entre guillemets « à la mode » est actuellement le plastique dans les océans. Pour réussir à endiguer ce plastique dans nos océans, il est impératif d’arrêter d’en mettre. Sans quoi toutes les solutions pour nettoyer le séant l’océan serons sans fin.

Les changements d’habitudes ne sont pas facile. Surtout quand ils sont dictés par des décennies de diktat marketing vantant les mérites du plastique contre l’inox le vert et les autres matières durables. À nous, grâce a nos petits pas, de changer petit à petit les habitudes et construire ensemble un nouveau modèle.

Je parle en connaissance de cause et sans volonté de culpabiliser. J’avoue n’être qu’aux balbutiements de la démarche zéro déchets. Je vais méditer sur un plan d’action de petits pas : une bonne inspiration pour la période estivale 😊

Et justement, retrouvez dès lundi notre défi 7 jours de vacances minimalistes et zéro déchets sur notre page Facebook.

C.

I

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7 idées reçues sur le bio et l’écologie

Sources : Le Point - La Chine ferme sa poubelle
Notre Planète Info : plastiques biodégradables 
Sciences & Avenir : le recyclage
Image : La Croix