Lors du défi « J’arrête de gaspiller », c’est un des thèmes qui a rencontré le plus de succès : les médicaments… Assez révélateur de la place qu’ils occupent en France et dans notre quotidien, non ? Alors l’idée est venue d’explorer plus en détails ce thème délicat.

Aujourd’hui, c’est parti pour les « pratiques naturelles »… Il y a beaucoup d’idées reçues car le terme sous-entend écologie, bien-être pour les malades comme pour la planète. Pourtant,  elles ne sont pas toutes bonnes à prendre ou à systématiser.

A l’approche de l’hiver, je vous propose d’aborder 2 remèdes phares : l’homéopathie et les huiles essentielles.

L’homéopathie

Même si je redoute les longs débats, il est important d’Ouvrir Les Yeux sur le procédé de fabrication et de fonctionnement de l’homéopathie avant de foncer tête baissée et d’en donner à tout va, notamment aux enfants…

Saviez-vous par exemple que l’homéopathie star de l’hiver, parfois appelée « vaccin homéopathique contre la grippe » est fabriquée à base de… foie et de cœur de canard ? Beurk non ? Cette illustration d’Emma « Un peu de sucre «  l’explique très bien. Non, l’homéopathie ce n’est pas des plantes. Ce sont des traitements dangereux qui ont ensuite été dilués à très forte dose pour éviter tout effet secondaire. Et l’image parfaite pour la dilution, toujours grâce à Emma, le terme « 10 ch » revient à une dose d’ingrédient dans le Lac Léman…

Il est scientifiquement prouvé que l’homéopathie n’a pas plus d’effet qu’un placebo. Libre donc à chacun d’en consommer ou pas, me direz-vous… Pas si simple.

Quand un médecin prescrit de l’homéopathie à un patient, c’est regrettable. La caution « prescrit par ordonnance » donne une valeur médicinale à un traitement qui n’en a aucune. Mon médecin me l’a donné donc ça va me soigner. Plutôt logique non ? Et à force, les dérives s’installent. L’homéopathie est alors utilisée pour soigner autre chose qu’un rhume ou un bobo. Cela retarde l’identification du traitement correct et peut aboutir… à la mort du patient.

C’est pourquoi, à mon sens, l’homéopathie devrait être interdite aux enfants qui n’ont pas le libre-arbitre pour décider du traitement et ils doivent donc subir les choix de leurs parents / médecin.

Quand au remboursement de l’homéopathie par la Sécurité Sociale, c’est à mon avis un véritable scandale alors que d’autres traitements efficaces sont eux non remboursés.

Comme le dit très bien un commentaire de l’article d’Emma : L’homéopathie, c’est la victoire ultime du lobby pharmaceutique pour nous faire consommer du médicament au moindre bobo, pour nous faire consommer des petites pilules magiques à tous les moments de notre vie, pour nous faire dépenser une fortune en soins même quand on n’est pas malade. C’est une réussite marketing et lobbyiste extraordinaire, elle ne répond pas à un besoin, elle en crée un nouveau. Les gens qui consomment de l’homéopathie prennent presque autant de médicaments « allopathiques » que les autres, tant les domaines de recoupement sont rares (en gros, le traitement des rhumes). Ils prennent l’homéopathie en plus des médicaments habituels, ils sont de plus gros consommateurs de médicaments que la population générale.

Personnellement, je ne consomme pas d’homéopathie car c’est rempli de lactose et j’y suis intolérante. Quant à mon entourage, j’avais plutôt un avis neutre notamment pour le soin des « bobos » (rhume, coups). Désormais, je tiens à faire savoir la face cachée du système mis en place pour faire consommer toujours plus d’homéopathie.

Les huiles essentielles

Contrairement à l’homéopathie, pas de doute, les huiles essentielles viennent des plantes. Sont-elles pour autant bonnes pour la santé et la planète ? Pas si sûr…

Nombre d’huiles essentielles sont hautement toxiques voire mortelles. Le risque d’intoxication par ingestion est donc réel notamment auprès des enfants. Même appliqué loin de la bouche, les enfants peuvent frotter la zone d’application puis porter la main à leur bouche…

Les huiles essentielles peuvent avoir de nombreux effets négatifs : interagir avec d’autres traitements en cours et limiter leur efficacité, impact sur les muqueuses, sur le foie, choc neurotoxique. Elles peuvent également être cancérogènes.

Pour toutes ces raisons, les huiles essentielles ne doivent jamais être utilisée de façon continue et prolongée. Elles sont également à proscrire aux femmes enceintes, allaitantes (au risque d’exposer le bébé), ni aux enfants de moins de 5 ans.

Rappelons-nous que les études scientifiques n’ont prouvé qu’une action anti-bactérienne ou répulsives des insectes à certaines huiles essentielles. Le reste n’est que croyance…

Côté planète, les huiles essentielles sont extrêmement polluantes. Déjà leur coût de fabrication est important pour l’environnement. Il faut parfois une tonne de plante pour obtenir 1 litre d’huile essentielle. Des solvants sont également utilisés pour réaliser l’extraction. Mieux vaut donc privilégier le bio et les certifications.

Les usages posent également question. Quelques exemples avec les utilisations les plus fréquentes.

Le diffuseur d’huile essentielle ou un spray assainisseur ? L’odeur masque les mauvaises odeurs et donne une impression de fraîcheur. Sauf que… en prime, il diffuse des allergènes et des substances toxiques et irritantes. Elles peuvent même se combiner avec d’autres substances pour créer un vrai cocktail nocif. Mieux vaut ouvrir la fenêtre quelques minutes !

Des huiles essentielles dans la lessive (savon / shampooing / dentifrice / produit vaisselle…) fait maison ? Elles ne sont pas indispensables. Comme pour le diffuseur, la croyance « bonne odeur » = désinfectant créé la confusion. Les huiles essentielles ont également un impact important dans les eaux de rejet, elles ne se diluent pas. Inutile donc de les utiliser à outrance. Encore une fois, l’odeur n’est pas la garantie d’un effet anti-bactérien.

Des gouttes de lavande derrière les oreilles de mes enfants pour empêcher les poux ? Comme mentionné plus haut, l’usage prolongé et régulier chez les enfants est à bannir en raison du risque toxique. Quand à la zone d’application, elle présente un risque d’ingestion. C’est pourquoi, elles ne doivent pas être utilisées pures : 2 gouttes d’HE dans une grosse cuillère à soupe d’huile végétale neutre.

Les huiles essentielles sont rares et précieuses : elles sont à utiliser avec parcimonie !

En conclusion, pour lutter contre les virus de l’hiver, rien ne vaut une bonne hygiène (de vie) : boire régulièrement, se laver les mains (surtout avant et après cuisiner / manger), se reposer, et rester chez soi quand on est contagieux (spéciale dédicace aux collègues alors qu’ils sont des virus ambulants…).

Des solutions simples, économiques et bonnes pour la planète 😉

C.

Sources :

Un peu de sucre ? Emma

Homéopathie ? Pas plus efficace qu’une pilule de sucre – Science & avenir

Wikipédia – Huiles essentielles

Allo Docteur – Que penser des HE pour assainir l’air ?

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