Impact

L’inspiration de cet article m’est venue après la marche pour le climat du 27 janvier. Et aussi, après la lecture en janvier de 1 million de révolutions tranquilles (Bénédicte Manier, Editions Les liens qui libèrent), un livre concentré d’optimisme que je vous recommande vivement.

1 million de révolutions tranquilles

À mon échelle, je peux changer mes habitudes chez moi bien sûr, mais aussi dans ma ville. J’en suis maintenant persuadée depuis quelques mois (Un été inspirant), c’est à l’échelle de la ville que les actions citoyennes peuvent être les plus efficaces. Le combat contre les institutions nationales nécessitent une structure solide pour contrer les lobbys industriels. Les associations, les ONG sont bien mieux organisées. En tant que citoyen, nous pouvons les soutenir par des dons ou du bénévolat.

Changer sa ville, son hameau, son village, ou même sa copropriété demande bien moins de moyens. Il suffit de commencer avec un groupe de volontaires, qui existent déjà pour la plupart. Associations, conseils de quartier, ou simplement un groupe d’amis ou de collègues…

Les discours alarmistes des médias font peur et bloquent les personnes pour passer à l’action. Pourquoi agir puisque c’est de toute façon trop tard ? Et par quel bout commencer ? Un réflexe typiquement humain.

Une action concrète démontre qu’il est possible de faire beaucoup avec peu de moyens. C’est aussi un moyen efficace de lancer le dialogue sur l’écologie.

Voici une liste d’idées regroupées par thème avec des « place à l’action » pour changer sa ville avec ses bras de citoyens. Un programme ambitieux mais tellement excitant !

J’ai synthétisé un maximum d’idées et d’initiatives lues ici et là. Il y en a sûrement d’autres. N’hésitez pas à partager en commentaires vos idées et partages d’expériences. Cet article se divisera en 3 parties. Il y a tellement à dire !

1. Gestion de l’eau

À la maison, il y a de nombreux gestes simples qui permettent d’économiser de l’eau.

👉🏻Défi 4 – J’arrête de gaspiller de l’eau

👉🏻 Comment économiser l’eau pièce par pièce ? 

Mais à plus grande échelle, c’est un sujet peu regardé. Pourquoi ? J’ai trouvé une seule réponse. L’habitude ! Nous avons tellement pris l’habitude d’avoir de l’eau potable coulant à flot que nous ne faisons pas honneur à sa juste valeur.

Pourtant, nous payons pour l’eau et même deux fois : le coût de l’assainissement de l’eau + le coût de la consommation. Vous payez l’eau utilisée chez vous bien sûr, mais ne l’oubliez pas vous payez aussi celle utilisée par la Mairie via les impôts. Puisque vous payez, autant regarder de près comment elle est utilisée.

Deuxième raison de s’intéresser à l’eau : le changement climatique et les sécheresses à répétition. Depuis plusieurs années, beaucoup de régions françaises sont en déficit chronique d’eau. Les nappes phréatiques sont à la traîne. Plus assez alimentées et trop exploitées. Il est donc urgent de savoir la stratégie globale de la consommation d’eau.

💡 Première idée : systématiser les récupérateurs d’eau

Une évidence pour celles et ceux qui possèdent un jardin suffisamment grand. Alors que c’est si évident, pourquoi n’y en a-t-il pas dans toutes les résidences ? Les écoles ? Les espaces verts publics ? Ou même de façon partagée entre plusieurs voisins ?

👉🏻 Place à l’action 1 : lors de la prochaine réunion du conseil syndical, je suggère l’installation de récupérateurs pour l’arrosage du jardin de la résidence.

👉🏻 Place à l’action 2 : via les conseils de quartier, je demande à la Mairie l’installation de récupérateurs qui serviront à l’arrosage des espaces verts

👉🏻 Place à l’action 3 : je contacte la Mairie à chaque utilisation d’un arrosage disproportionné. Êtes-vous choqué(e) comme moi d’un arrosage en plein midi en été ? Ou quand l’eau tombe carrément à côté ?

💡 Deuxième idée : L’en-tre-tien

En matière de gaspillage pur et simple, les fuites sont un phénomène généralisé : en moyenne, pour 5L d’eau prélevée, 1L est perdu en milieu urbain contre 2L en milieu rural. Les moyens logistiques mis en place pour limiter ce gaspillage sont à l’heure actuelle trop peu développés. En France, on estime les pertes d’eau liées aux fuites à 20%. Mais les moyens financiers ne permettent de remplacer que 0,6% des canalisations chaque année.

👉🏻 Place à l’action : contacter la Mairie pour lui présenter ces chiffres et lui demander d’investir plus dans le prochain budget sur l’entretien des canalisations.

💡 Troisième idée : rendre la ville perméable

Les routes, les trottoirs, les parkings, les gares, les aéroports, les centres commerciaux, les centres villes, autant d’endroits où l’eau de pluie file directement dans les égouts au lieu de retourner dans la terre. Enlever du béton, du goudron permet à l’eau de retourner dans le sol. Il existe plusieurs solutions plus ou moins innovantes : retour au friche, apposition de grilles pour éviter aux véhicules de s’embourber notamment dans les parkings, végétaliser.

👉🏻 Place à l’action : identifier une zone qui pourrait être rendue à la terre et présenter le projet à la Mairie

 

2. Végétaliser la ville

Un thème en totale cohérence avec la gestion de l’eau afin de respecter le cycle de l’eau. Alors bien sûr, chez soi, un maximum de verdure à l’intérieur comme à l’extérieur dès que c’est possible (et sans mettre les autres en danger avec des jardinières non sécurisées).

Végétaliser a de multiples avantages : mieux absorber de l’eau de pluie, nourrir les sols, créer des écosystèmes (vers, insectes, oiseaux..). Et pas besoin d’hectares à perte de vue. Même dans un tout petit espace avec un peu de terre, la nature repart. Encore faut-il la laisser faire et ne pas tomber dans le travers des espaces verts aseptisés qui sont bien moins riches pour les insectes et les oiseaux.

💡 Première idée : fleurir

Les fleurs c’est beau, c’est joyeux. Choisissez des espèces adaptées au climat de votre région, des espèces nourrissantes pour les abeilles et bourdons, des graines bios et respectez les périodes de plantation. Je vous recommande le site de Rustica, très riche en information.

👉🏻 Place à l’action : demander à ses voisins si on peut s’occuper de leur balcon quand ils n’ont pas la main verte.

👉🏻 Place à l’action : demander à la Mairie de fleurir ses espaces y compris les bâtiments municipaux. Quelques bacs ici et là peuvent être un bon début.

👉🏻 Place à l’action : lancer des bombes à graines au printemps. Une bombe à graine ? Oui oui, le principe est simple. Aller fleurir des espaces difficiles d’accès en jetant une boule mélangeant argile / terre / graine puis laisser faire la nature.

💡Deuxième idée : faire un potager

Une évidence encore pour ceux qui ont un jardin et se sont lancés. Mais en ville alors ? Surtout dans les grandes villes, les potagers ont presque disparus hormis quelques potagers ouvriers.

Pourtant, cultiver son propre potager permet de faire des économies tout en s’assurant de produire de la qualité, sans pesticides non insecticides. Un potager est également un refuge pour la biodiversité. Enfin, la multiplication des potagers permettra de sortir les villes de la dépendance aux magasins et brisera donc le schéma vicieux :

magasins = camions pour acheminer la nourriture produites souvent à des centaines voire milliers de kilomètres = embouteillages et pollution

magasins = stockage = produits périmés ou gaspillés

Tout comme les fleurs, misez sur des graines ou des semis adaptés au climat, du bio. Attention aux légumes gourmands en eau comme la tomate, l’aubergine…

👉🏻 Place à l’action : identifier avec ses voisins un espace à transformer en potager (cour de la résidence…)

👉🏻 Place à l’action : se renseigner si il existe des jardins partagés dans la ville. Et si la réponse est non, demander un terrain !

👉🏻 Place à l’action : inciter les enseignants à créer un projet pédagogique avec un potage partagé

💡Troisième idée : planter des arbres

Je reconnais que c’est une des idées les

plus complexes à mettre en œuvre. Pourtant nous avons cruellement besoin de plus d’arbres. Les arbres aident à la rétention de l’eau dans les sols évitant ainsi les glissements de terrain ou les effets marécages. Les arbres créent de saines de fraîcheur bien agréables en été.

Depuis quand votre Mairie n’a-t-elle pas planté d’arbres ? Combien d’arbres abattus en 2018 ?

Les arbres fruitiers à l’échelle de la ville permet de renouer avec une pratique ancestrale : le glanage. Récolter noix, noisettes, châtaigne à quelques mètres de chez soi plutôt de devoir prendre la voiture pour aller en forêt. Plutôt réjouissant comme programme ?

👉🏻 Place à l’action : demander à la Mairie de planter 1 arbre supplémentaire dans chaque cour d’école

👉🏻 Place à l’action : demander un plan pluriannuel pour ajouter des arbres supplémentaires dans les espaces verts tout en gérant les anciennes espèces.

3. Déchets

Composteurs

Les poules !!