Cet été j’ai ressenti plus fortement le discours environnemental dans les médias. La canicule, les feux de forêts en Sibérie, en France, en Amazonie… la polémique sur Greeta Gunberg, une « enfant de 17 ans »…

Tous ces articles sont des pensées négatives qui donnent envie ne rien faire. Puisque de toute façon il n’y a pas de bonnes solutions.

Et le fameux « effondrement ». Celui qui stupéfie. Celui qui fait peur. Car chacun.e va y transférer ses peurs et angoisses : le chômage, la pénurie d’aliments, la pollution extrême, la violence, ou même la guerre.

A l’extrême inverse, beaucoup d’articles sur des personnes qui ont tout plaqué pour revenir un mode de vie très modeste. Vivre dans un mini-camion, vivre en autonomie dans la forêt, vivre sans électricité… De beaux exemples inspirants, parfois drôles, mais des exemples dans lesquels la plupart des personnes ne va pas se reconnaître.

À mon sens, aucun de ces articles ne sert réellement la cause pour l’environnement. Trop idéaliste ou trop angoissant. Et puis, il manque la touche magique, la touche positive, celle qui va faire passer à l’action ! Oui, sans doute, le système du tout marchand, de l’hyper concentration des magasins, de l’industrie, de l’agriculture est arrivé au bout du bout. Mais comme tout système il sera bien difficile de le faire changer.

Et c’est là où la théorie des petits pas prend tout son sens. Chacun.e a les moyens de faire un petit effort pour agir doucement dès maintenant.

Chez nous les petits pas ont commencé bien modestement en s’intéressant à notre alimentation. Nous allions acheter viande et légumes dans les marchés plutôt qu’au supermarché. Sans pour autant nous préoccuper du bio. Et au supermarché, en raison de mon intolérance au lactose, je suis devenue experte du décryptage d’étiquette. Les aliments ultra-transformés étaient bannis.

Peu à peu, cette démarche nous a conduit à nous intéresser à la bio, aux produits français, aux petits producteurs, aux petits commerçants. C’est aussi pour nous un symbole de dépenser notre budget alimentaire dans l’agriculture française « alternative ».

Puis quelques années plus tard, lorsque la famille s’est agrandie, c’est l’organisation de la maison et le temps que nous pouvions passer en courses, rangement, ménage etc. qui nous a fait basculer vers un modèle de plus en plus minimaliste. Sans oublier la préoccupation budgétaire pour ne pas s’essouffler en matériel inutile ni en vêtement ! Quand les enfants sont petits, très vite les armoires débordent. C’est à ce moment que j’ai attaqué le grand tri et le grand ménage à la maison. Et pour ma propre garde-robe, c’est la grossesse qui m’a fait prendre conscience que je pouvais vivre avec moins de vêtements.

Puis, lorsque J. a rejoint l’aventure CALYO, j’ai découvert la démarche zéro déchet à laquelle je m’intéressais peu. Honnêtement nous sommes loin d’être une famille zéro déchet. Cependant nous avons considérablement réduit les poubelles. Nous sommes plus vigilants sur les emballages, nous achetons plus facilement en vrac. Côté salle de bains, Les savons solides, la cup, SHL, mouchoirs en tissu ont été faciles à mettre en place en réduisant incroyablement les déchets et les courses au supermarché. Le composteur a fini d’achever notre poubelle.

La gestion du budget familial nous permet de questionner régulièrement notre mode de consommation. Réduire au maximum les factures d’EDF, d’eau, les factures de loisirs (Netflix, Spotify…), un vrai challenge !

Et enfin, l’action qui a pris de l’ampleur depuis l’année dernière, c’est l’engagement citoyen. Au delà des actions individuelles ou familiales, la commune est une très bonne échelle pour faire bouger les lignes. Mon engagement est celui pour les cantines scolaires. C’est drôle car je réplique le même schéma de mon cheminement personnel : commencer par défendre une alimentation de qualité !

Tout ceci est le résultat de plus de 10 ans de petits pas, voire des efforts. Effort, car le système principal reste le tout l’hypermarché et le centre commercial. Même si de nombreuses alternatives se sont développées, tout n’est pas toujours simples. Par exemple dans ma ville il n’y a aucune épicerie bio correcte. C’est-à-dire une épicerie bio qui reste cohérente avec les valeurs du bio : des produits français plutôt que des produits venant de l’étranger, un maximum de produits en vrac, pas de sur emballage… Conclusion quand je dois aller faire mes courses en épicerie bio, je dois le faire dans la ville à côté ce qui complique la logistique.

Donc oui parfois, quand le temps manque ou quand la fatigue est là, le supermarché voisin nous voit plus souvent.

Ce n’est pas grave. Être concerné.e par l’environnement et vouloir agir ne veut pas dire être parfait.

Mes trois conseils ?

1 Déconnecter. Facebook, Twitter et autre Instagram. Relâcher la pression. Lire plutôt des livres (Le coin lecture)

2 Se mettre en action sur un sujet qui tient à cœur pour un maximum de motivation : alimentation, zéro déchet, gestion budgétaire.

3 Essayer, se tromper, recommencer ! Ne pas avoir honte. Ne pas comparer. Il n’y a rien de grave.

De toute façon, au pire, ça marche 🙂

C.

au pire ca marche