Une amie m’a offert à Noël le livre « Famille (presque) zéro déchet« . Ludique et pratique, je vous le conseille.
Je ne vais pas ici vous en faire un résumé, mais plutôt vous expliquer comment je me suis lancée dans cette belle aventure !

1ère étape : réutiliser mes déchets organiques
Les déchets organiques représentent environ 30% des déchets ménagers en France (source ADEME). Lorsqu’on les jette dans la poubelle verte, ils finissent enfouis ou incinérés. Quel gâchis ! 
J’ai commencé à faire mon compost il y a un an et demi, lorsque j’habitais à Paris. En couple, on participait à un projet de compostage collectif : Compos’13. On était équipé d’un petit seau (dit « bio seau »), qu’on avait installé sur le balcon. On y jetait nos épluchures, coquilles d’œufs, marc de café, thé, boîtes d’œufs (sans le papier), cartons… Chaque semaine, on le vidait dans un composteur collectif situé dans un square. Après quelques mois, le compost était distribué aux foyers participants, pour le plus grand bonheur de nos fleurs et plants de tomates ! 
Aujourd’hui, on habite une maison à Tours. On a installé un composteur dans notre jardin, prêté par la mairie. Ça fait six mois qu’on l’alimente et ça y est, on l’a utilisé pour la première fois pour planter nos fraisiers. On est encore amateurs : notre compost n’a pas chauffé comme il aurait dû et le résultat est bien plus grossier que ce que nous avions à Paris (où le projet était suivi par des maîtres composteurs). Mais la nature est bien faite et nos déchets se sont bien décomposés. Ils vont, j’en suis sûre, être appréciés par notre potager ! 
Comment faire votre compost ? 
– Vous vivez en appartement : installez chez vous un lombricomposteur ; proposez à la copropriété un composteur en pied d’immeuble ; renseignez-vous sur les expériences de compostage collectif près de chez vous (mairie, associations, conseil de quartier…). 
– Vous vivez en maison : le plus simple est d’installer un composteur de jardin. Certaines mairies en prêtent ou en louent. Vous pouvez aussi en acheter un, le fabriquer vous-même ou simplement prévoir un espace pour entasser vos déchets au fond du jardin.

Evitez de mettre au compost de la viande, du poisson ou du fromage : cela risque de sentir mauvais et d’attirer les bêtes.

Vos poubelles vont très rapidement diminuer et vous ne pourrez plus vous en passer !

2ème étape : refuser les emballages, surtout en plastique

La lecture de ce livre a complètement modifié ma façon de faire mes courses : aujourd’hui je cherche à acheter du contenu sans contenant.

Pour mes achats alimentaires, finis les plats préparés ! J’en achetais déjà peu, mais j’aimais bien certains plats de chez Picard ou des pâtes fraîches fourrées… La démarche zéro déchet pousse à cuisiner à partir de produits bruts (donc on génère plus d’épluchures qui alimentent notre compost 😊).

– Yaourts : avant je les achetais, maintenant je les fais moi-même ! J’ai acheté une yaourtière sur le boncoin et avec 1 litre de lait + 1 yaourt, je fais 8 yaourts dans des pots en verre réutilisables. 

– Fruits et légumes : ceux qui n’ont pas besoin d’être pesés (salade, radis…), je les mets directement dans mon cabas ; je mets les autres dans des petits sacs en coton lavables (achetés chez Biocoop, mais le top est de les coudre soi-même à partir d’un vieux tissu).

– Pâtes, riz, farine, chocolat, céréales, olives, raisins secs… : je les achète en vrac, chez Biocoop ou Day by Day (chaîne d’épiceries 100% vrac). Deux avantages chez Day by Day : je peux utiliser mes bocaux (à peser la 1ère fois en arrivant dans le magasin) alors que chez Biocoop, je les verse dans l’un de mes sacs en coton que je vide chez moi dans mon bocal (avec la farine, ce n’est pas évident), et je n’ai qu’un ticket de caisse et pas une étiquette-prix autocollante sur chaque produit.

– Fromages, crème fraîche et beurre : je les achète chez le fromager. Je lui donne un récipient (en verre ou en plastique), il fait la tare sur sa balance et met directement les fromages dedans. Pareil pour la crème fraîche et le beurre (que je trouve en motte, mais tous les fromagers n’en proposent pas).
– Viandes et poissons : comme pour le fromage, même si les bouchers et les poissonniers trouvent cela généralement très étrange… Bien sûr, c’est impossible si on achète un poulet entier ou une côte de boeuf.
– Oeufs : je les achète en vrac (en magasin bio, chez le fromager ou chez Day by Day), en réutilisant la même boîte jusqu’à épuisement (elle finit au compost).

Cette démarche implique un changement profond d’habitude. Je ne dis pas que c’est facile. Mais une fois qu’on a pris ces nouvelles habitudes et qu’on a trouvé ses commerçants, cela devient naturel ! C’est aussi très gratifiant et cela donne l’occasion de discuter avec les commerçants, qui apprécient en général la démarche.

Je n’ai pas réussi à me passer d’emballages pour certains produits : thon, maïs, huile d’olive, lait… Mais mes poubelles sont quand même sacrément à la diète !
De plus en plus de magasins proposent du vrac, alors lancez-vous !
Je réduis aussi mes emballages au niveau des cosmétiques, des produits d’entretien… mais ça fera l’objet d’un nouvel article ! En attendant Mesdames, je vous invite déjà à passer le cap de la cup en lisant l’article de C
Bilan
A deux adultes, nous jetons dans la poubelle verte un sac de 30 litres (pas totalement rempli) toutes les deux semaines. Que contient-il ? Essentiellement des peaux d’oranges, de clémentines et de citrons (les agrumes ne sont pas recommandés pour le compost), des croûtes de fromages, du gras de viande, des os de poulet, de la peau de poisson, des mouchoirs, des mégots de cigarettes, des plaquettes vides de médicaments…
Côté tri, je sors notre poubelle jaune toutes les semaines puisque les éboueurs passent, mais elle est très peu remplie (briques de lait, enveloppes, boîtes métalliques de thon et maïs). En plus, comme on a une cheminée, on garde la plupart des papiers, journaux et tickets de caisse pour allumer le feu.
C’est finalement le verre que nous jetons sans doute le plus (vin, bière, huile, vinaigre…) ; tant mieux puisqu’il est réputé recyclable à l’infini…
J.

Pour aller plus loin sur le compostage collectif :
ADEME
Mouvement Colibris

Pour aller plus loin sur les emballages :
Vidéo de l’ADEME
Blog Famille zéro déchet
Article « La fin des sacs plastiques… Et après? »